Le commerce associé intègre Leclerc et Intermarché

Les Rencontres du commerce associé se tenaient le 19 mai avec ses deux nouveaux poids lourds. Le modèle économique reste très dynamique.

La Fédération du commerce associé (FCA) devient un acteur incontournable. C'est en substance ce que Jean Leroyer, président des revendeurs réunis au sein de coopératives, devait clamer devant l'auditoire rassemblé lors des Rencontres du commerce associé qui devaient se tenir à Paris le 19 mai. Le lobby ne cesse de se muscler. « Nous avons dix nouveaux adhérents depuis deux ans », souligne Philippe Antoine, délégué général. Leclerc et Intermarché en sont les plus marquants en poids économique - c'est l'événement majeur de l'année -, mais il y a aussi ces sociétés de services qui s'organisent sous sa bannière : Espace Revêtement, Orpi, les courtiers SCCA, les pharmaciens de Cerp Lorraine, les Architecteurs, Star Excel (accessoires)... Le futur : les services représentent 70% du PIB.

 

La FCA avance ses pions

Jean Leroyer devrait aussi s'enorgueillir du dynamisme de son secteur. Le nombre de commerçants « associés » a été multiplié par trois en dix ans, le chiffre d'affaires par six, la croissance des réseaux et des magasins « est spectaculaire ». Ensemble, le chiffre d'affaires des Optic 2000, Phox, Intersport, Gedimat, Krys, Gitem, Bébé 9, Système U, Leclerc, Intermarché et les autres approchent la barre des 100 milliards d'euros ! Mieux, leur croissance dépasse en général 5% en moyenne chaque année. Pour 2004, les temps ont été un peu plus durs. Le gain ressort à 4,5%, à comparer toutefois à des groupes cotés en Bourse multipliant les alertes sur résultats.

Au plan juridique, tandis que la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) se frotte aux syndicats sur les questions salariales et aux pouvoirs publics sur la réforme des relations commerciales, la FCA avance ses pions en toute discrétion sur l'évolution du statut. On la retrouve derrière le volet du projet de loi Jacob sur les avantages fiscaux lors de la transmission d'entreprise, dans la proposition de loi Fouché sur les autorisations de créations de magasins (libres jusqu'à 1 000 m² dans le non-alimentaire, contre 300 m2 dans l'alimentaire), dans le projet d'ouvrir aux directeurs généraux des sièges au conseil d'administration des coopératives (amendement du sénateur Cornu, rapporteur du projet de loi Jacob et ancien adhérent d'Optic 2000)... Bref, la mariée est de plus en plus belle !

Pas étonnant qu'Intermarché et Leclerc s'en soient entichés. Ils devaient le déclarer lors de deux ta-bles rondes : la première consacrée aux mutations de l'environnement, avec Michel Pattou, président d'Intermarché, Philippe Peyrard (Atol) et Bernard Blin (Mon- sieur Store) ; la seconde sur la pérennité du modèle, avec Yves Guénin, secrétaire général d'Optic 2000, Daniel Schmidt, président du directoire de Phox, Roger Thune, secrétaire général de Système U, enfin Michel-Édouard Leclerc.

« Les Centre E.Leclerc voulaient conforter leur adhésion aux valeurs et au modèle coopératifs, précise-t-il à LSA. C'est celui qui correspond le mieux aux besoins de nos adhérents : il protège les initiatives individuelles et donne les moyens de la performance collective. Alors que les groupes intégrés sont devenus standardisés par un modèle de fonctionnement dicté par un actionnariat volatile et zappeur, qui ne donne pas de possibilité de vision à long terme à son management. » C'est dit !

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Article extrait
du magazine N° 1907

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