Matcha lève plus de 500 000 € pour son IA d’aide à la vente de vin

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La start-up veut développer sa solution d’intelligence artificielle pour renforcer la force de vente des distributeurs tout en poursuivant son activité de conseil aux particuliers.

Matcha lève 500.000 € pour son chatbot d’aide à la vente de vin.
Matcha lève 500.000 € pour son chatbot d’aide à la vente de vin.© Matcha

Matcha annonce à LSA avoir levé plus de 500 000 euros, avec notamment l’entrée du groupe vitivinicole Legrand dans son capital, aux côtés d’un pool d’investisseurs composés de business angels et de Bpifrance. Objectif de ce tour de table : accélérer la montée en puissance de la société afin d’accompagner les distributeurs dans la vente de vins, en magasin et en e-commerce. L’acteur de la WineTech s’intéresse par ailleurs au marché international, et cible plus particulièrement le Royaume-Uni, le Brésil et les États-Unis. "D’ici décembre, Matcha entend signer avec l’une des grandes enseignes britanniques de la distribution", précise la start-up, lancée par trois passionnés du vin en 2016. Elle souhaite également renforcer son équipe technique afin d’accélérer sur l’intelligence et la capacité de contextualisation de ses outils. Son ambition : devenir la force de vente digitale des distributeurs sur l’offre vins grâce à l’utilisation de technologies de données et de conseil dans l’objectif d’augmenter leurs taux de conversion et l’engagement de leurs clients.

Un spécialiste virtuel du vin

Partant du constat que 9 Français sur 10 se sentent incapables de choisir une bouteille en rayon, que seulement 4% des consommateurs se disent connaisseurs et que le temps passé dans le rayon vin est bien supérieur aux autres rayons (baromètre SoWine), l’entreprise a imaginé un assistant d’aide à l’achat pour aider le consommateur au moment où il souhaite choisir une bouteille de vin. "Nous avons analysé que les taux de conversion sont faibles : 1,5% chez les e-commerçants au mieux, 5 à 10% dans la grande distribution, contre 70 % chez un caviste", explique Thomas Dayras, cofondateur de Matcha. En cause : l'absence de personnel dédié dans les linéaires. "Il est très  compliqué pour une enseigne d'une part d'optimiser la présence en rayon d'un vendeur en fonction des pics de fréquentation, et d'autre part parce les personne formées sur le secteur et capables de connaître 300 à 400 références sont rares", poursuit-il. Conséquences : un client qui a peur de faire un mauvais choix, qui renonce à son achat et une perte de chiffre d’affaires significative pour le retailer.

Pluggé sur le site e-commerce, le caviste virtuel, via un chatbot baptisé "Magnum", prend donc la forme d’une conversation humaine en langage naturel. L’agent conversationnel propose aux utilisateurs une sélection de vins sur mesure, en mettant en avant leurs atouts ainsi que des informations complémentaires pertinentes. Cette technologie, disponible sur les sites d’Intermarché Drive, Monoprix et Promocash, est également accessible via Facebook Messenger sur smartphone. "Nous ne voulions pas lancer une énième application mobile sur le vin et nous avons donc choisi une intégration dans l'une des applications les plus répandues", explique Thomas Dayras. Petite limite du dispositif : le client doit avoir accès à un réseau Internet pour utiliser ce service... ce qui n'est pas toujours le cas en magasin, "même si les enseignes sont de plus en plus sensibles à cette problématique", poursuit l'entrepreneur.

La start-up a diversifié son offre en proposant une API de conseil en vin pour les professionnels, à la fois dans la distribution physique et en e-commerce. Elle permet aux commerçants d’enrichir la connaissance des différents vins vendus dans leurs rayons ou sur leurs sites en étayant les fiches produits. Celle-ci permet également des recommandations croisées pointues en fonction de l’historique d’achat, des vins consultés ou mis au panier, et offre un moteur de recherche d’accords mets & vin, via des algorithmes sensoriels et une base de données dédiée.

Développer le chatbot en magasin

Incubée à Station F depuis juillet 2017, Matcha va prochainement équiper plusieurs grandes enseignes physiques au travers de visuels identifiables en rayon qui permettront d'activer le chatbot pour débuter une conversation. A moyen terme, la start-up n'exclut pas de se lancer dans le commerce vocal. Elle n'est pas la seule à croire au potentiel du commerce conversationnel. Auchan Retail a lancé avec Google Assistant un chatbot vocal qui associe 1 200 références de vins aux mets. Mais il manque encore à l'ensemble de ces innovations la possibilité d'acheter véritablement la référence. 

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